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pécheurs, quand la main paternelle de Dieu les mène, par quelque voie merveilleuse de sa providence, a l’orifice du puits, et de l‘a les conduit à la pure lumière du jour! Quel changement s'opère en eux, lorsque, avec les yeux de l'âme, avec l'intuition que donne la grâce, ils voient Jésus, ce soleil de justice; le ciel rempli d'anges et d'archanges, dans lequel il habite; la brillante étoile du matin, qui est la bienheureuse vierge Marie; ce torrent inépuisable de lumière qui t0mbe du ciel pour éclairer la terre, et qui, en tombant, se décompose en une infinité de nuances qui sont les saints!... Dès ce jour une nouvelle vie commence pour l'âme. Considérez le changement qui doit se faire dans sa manière de voir et de juger les choses, aussitôt qu‘elle a entendu la parole de Dieu et qu‘elle a cru en elle; dès qu‘elle a compris que la fortune, la célébrité, l'influence, la grandeur, ne sont ni les pre— mières des bénédictions de Dieu,nile critériumdu bien; dès qu‘elle a compris, au contraire, que la sainteté et ses conséquences, la sainte pureté, la sainte pauvreté, le renoncement au monde, la faveur du ciel, la protection des anges, le sourire de la bienheureuse vierge Marie, les dons de la grâce, l'intervention des miracles, l'intercommunion des mérites; dès qu'elle a compris, dis-je, que toutes ces choses sont sublimes et précieuses, les seules qu'on doive estimer, les seules dont on doive parler avec révérence! C'est pourquoi les hommes d'un esprit mondain, quoique riches, ne peuvent, s'ils sont catholiques, être semblables àceux qui sont étran< gers à l'Église, à moins qu‘ils ne renoncent entièrement à la foi de leurs pères; ils conservent un respect instinctif pour les personnes qui portent sur elles les signes du ciel, et ils rendenthommageàce qu‘ils u'imitent pas.

a Les catholiques ont nécessairement devant eux une idée que les protestants n‘ont pas, l'idée d'un saint; ils croient, ils vénèrent l'existence de ces rares serviteurs de Dieu, qui apparaissent de temps à autre dans l'Église catholique comme des anges déguisés, et qui répandent la lumière autour d'eux a mesure qu'ils s’acheminent vers le ciel. Ils ne font peut-être pas ce qui est juste et bon, mais ils savent distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux; ils savent ce qu'ils doivent penser des choses et comment les juger. Ils ont un modèle pour leurs principes de conduite, c'est l'image d'un saint. »

Ici, l'éloquth orateur fait la description des vertus d'un saint, de ce qu'elles coûtent d'efforts, de sacrifices, de combats quotidiens, puisque le saint est né enfant d'Adam et porté au mal comme les autres hommes; puis il conclut:

« Oh! qui peut hésiter entre la foi catholique et le culte officiel? La religion dite nationale a bien des attraits; elle porte à la moralité et à l'ordre, à la justesse des idées. à la félicité domestique; mais elle ne conduit pas la foule dans le chemin du salut, elle ne lui indique pas la route du ciel. Elle est terrestre, ses préceptes le sontaussi. Elle parle le langage de la religion, j'en conviens, car sans cela elle ne pourrait prendre le nom de religion; mais elle ne produit aucune impression sur l'imagination, elle ne se grave pas dans le cœur, elle n'incnlque pas à la conscience le sentiment du surnaturel; elle ne fait pas pénétrer dans l'esprit du peuple ces grandes idées que le monde accepte, qui sont comme une propriété commune, comme des principes ou des dogmes que tout le monde prend pour point de départ, qui se sont transmis d'âge en âge jusqu'à nous, comme des images, des échantillons de la vérité éternelle. — En aucun sens vrai, cette religion n'enseigne l'invisible; et, par conséquent, les choses de ce monde, les objets matériels et tangibles sont les idoles et deviennent la ruine d'une foule d'âmes créées pour Dieu et pour le ciel. Elle est impuissante à combattre le monde et ses maximes; elle ne peut vaincre l'erreur parla vérité , elle suitle monde, au lieu de lui servir de guide. Le monde ne rencontre qu‘un antagoniste sérieux : c‘est la foi catholique; elle a été fondée par Jésus—Christ lui—même; elle continuera son œuvre SIII‘ la terre comme elle l'a fait jusqu’à présent, en attendant le retour de son divin fondaleur ‘. n

Ajoutons que l'Église catholique ne propose pas seu— lement des modèles de sainteté, elle donne des grâces, (les forces spirituelles réelles pour vaincre les vices de la nature et former a l'homme nouveau 11. Les sacrements, surtout I‘Eucharistie, sont la source jaillissente des plus hautes vertus. Mais ce n'est pas encore le moment de toucher à ce sujet. Je me borne à conclure par une parole bien connue : Celui qui, en présence des merveilles de, sainteté et d’héroisme produites chaque jour par l'Église catholique, s'arrête à l'objection vulgaire des abus, ressemble à un homme qui refuserait de reconnaître les beautés d'une magnifique cathédrale, sous prétexte qu'il y a découvert une toile d'araignée.

' Conférences aux prolestants et aux catholiques, par le R. P. Newmu. Cinquième conférence.

CHAPITRE VIII

Raisons de l'attrait des protestants vers Rame. — Église catholique foyer de tous les vrais progrès. — Les objections historiques : la Saint-Bartliélemy, la révocation de l'édit de Nantes, l'inqui-’ sitîon. — Toutes ces objections retournées avec plus de force contre le protestantisme. — Circonstances atténuantes invoquées par la Société pastorale suisse. — Meilleure justification pour l'Église catholique. — Droit public des siècles chrétiens. —Témoignages de Dœllinger et de Lacordaire. — Intolérance de l'Etat moderne. — Mission directe de l'Église. — Question religieuse affaire personnelle. — Le parti le plus sûr.

Nous avons vu un ministre libéral de Genéve s‘efl'raycr des tendances catholiques desjeunes gens du parti orthodoxe. Un autre témoignage, plus catégorique encore et très-judicieusement motivé, était donné par un des plus importants journaux protestants de l‘Allemagne, peu de temps après le centenaire de Luther. La «4 Gazette universelle de l'Église luthérienne n , Algemcine luthe— rische Kirchenzeitung, avouait que les protestants pen— chent beaucoup plus vers Rame qu’on ne le pense ordinairement, et elle donnait six causes principales de cet attrait; voici cette énumération qui a été repro— duite en son temps par la plupart des journaux catholiques français : '

u l. Rome reste égale àelle-même. Toujours immobile et immuable au milieu des royaumes si mobiles de ce monde, Rome apparaît comme un rocher sur lequel n'ont prise ni les flots turbulents ni les vicissitudes

continuelles qui agitent les peuples; les siècles ont passé sur lui sans l'ébranler. Sial Pelri immobile saæum.

u 2. Une seconde raison qui attire les chrétiens convaincus, c'est cette force indestructible et inflexible avec laquelle l'Église romaine repousse tous les empiétements des pouvoirs temporels sur son terrain à elle.

a 3. Malgré la largeur de ses vues et la liberté qu'elle

' laisse à ses membres, l‘Église romaine ne tolère entre eux aucune lutte par;apport auxprincipes (nous dirions plus clairement : l'Eglise romaine est une dans sa foi).

a 4. Une quatrième raison , c'est l'autorité dont Rome jouit. Tandis que presque tous les gouvernements temporels ne peuvent plus compter que sur une obéissance douteuse de la part de leurs sujets, tandis que quelques-uns d'entre eux, — et nous parlons des plus puissants, —— ne vivent qu'au jour lejour, la puissance et l‘autorité de Rome sont plus grandes qu'elles ne l'ont été depuis longtemps...

a Dans certaines négociations de Rome avec la Russie, avec l‘Angleterre, et même dans les pourparlers avec l'Allemagne, on croirait parfois entendre une voix qui s'écrie : Léon, aidez-nous, nous ne pouvons plus arranger nos afaires nous-mêmes!

a 5. L'Église catholique a toute une série de dogmes qui attirent l'homme, et non-seulement l'homme naïf et avide de connaître, mais surtout l'homme moderne fatigué de scruter tous les problèmes scientifiques et que ne peut satisfaire la pensée superficielle du siècle dernier. Ces dogmes révélateurs sont notamment : celui de la chute originelle, celui de la justification, les conseils évangéliques et le Purgatoire.

« 6. L'Église romaine attire le sentiment par son

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