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that, only glancing over the contents, like the student in Gil Blas, he did not dig deep enough to discover the soul of the Licentiate.--I insert his remarks.

“ The author of Poems written chiefly in

douce, aimable, sans etourderie. A l'égard de Monsieur le frere, c'étoit un garcon tres-interessant ; l'esprit ouvert, vif & joyeux. Je voulus m'attacher à ce petit bon-homme, le former, travailler à son education, mais sans me donner un air imposant, un vil severe, ou une voix rude & menacante pour me faire redonter.

Mon eleve aimoit la chasse en vrai Americain. Je me souviendrai des battemens de cæur qu'il éprouvoit au vol des premiers canards, & des transports de joie avec lesquels il tuoit un cerf dans les bois. Seul avec son chien, chargé de son fusil, de son fourniment, de sa petite proie, il revenoit le soir aussi heureux qu'il soit possible de l'être.

Pendant que mon éleve s'amusoit à la chasse, je me livrois aux objets purs & simples de la Nature. Avec quel transport je suis allé dans les bois d'alentour chercher la première violette, & épier le premier bourgeon. Que le chant de l'Oiseau Moqueur me faisoit tressaillir d'aise ! Je prolongeois ainsi ma promenade, sans m'appercevoir que la nuit régnoit deja depuis long tems. Il est si doux de se trouver seul dans des lieux peu frequentés, & de s'abandonner à ses rêveries !

Voici un souvenir bien distinct qui me reste d'une de mes promenades solitaires. Après un doux sommeil je me levai avec l'étoile du matin, qui conduisit mes pas vers Savannah. · Le chant du coq se faisoit entendre, & les travaux des negres recommencoient dans les plantations voisines. Le charmant plaisir que celui de respirer la fraîche haleine du matin ! Avec quelle douce émotion je voyois les premiers rayons de l'aurore percer le crepuscule, tandis que mes pieds chassoient devant eux la rosée qui baignoit le gazon. Je marchois legerement dans ma route, animé par le spectacle enchanteur du lever du

" South Carolina, and the translation of Buonaparte's campaign in Italy, has just published a “ novel, entitled the Wanderings of William, “ or the Inconstancy of Youth.

“ The author dedicates it to Flavia in a strain

soleil, qui répandoit sur ma promenade un attrait délicieux. Jemarchai dix milles pour le moins sans trouver d'autre batiment que les ruines d'une eglise, mais vers midi je m'arretai devant la porte d'une maison isolée, ou le joli son d'un violon m'enchanta les oreilles. Je fus recu á merveille du maitre du logis, qui me fit entrer dans une chambre ou il y avoit trois demoiselles, elégamment mises, dansant au son de l'instrument dont jouoit M. leur Maitre de danse. Ces jeunes personnes s'arreterent un moment pour me faire une reverence, and recommencerent encore leur danse avec une grace inexprimable. Elles étoient toutes trois pleines de charmes, mais la plus jeune étoit si jolie ! elle mettoit tant de graces dans sa danse & dans sés gestes, en tournoyant & en sautant legerement tantot sur un pied, & tantot sur l'autre ! je fus stupefait d’admiration. Je la considerai dans un ravissement de cœur. De grands yeux noirs, un nez tant soit peu rétroussé, une bouche mignonne, des levres fraiches & vermeilles, une taille leste & svelte, une jambe faite au tour, le bras, la main, le pied moulés par les Graces, formoient l'assemblage le plus parfait qu'on puisse concevoir. Constance alloit compter quinze ans, & deja la nature lui avoit fait part de ces boutons charmans que l'hymen seul a le droit de cueillir. Son petit corset, qui les réceloit avec peine, garantissoit ce trésor naissant de toute profanation. L'ensemble de cette jeune fille me fit souvenir de quelques vers de Boursaut.

Elle a lien quatorze ou quinze ans,
Fiere, mais sans être farouche,
Les cheveux blonds, les yeux percans,
Une

gorge naissante, & surtout une bouche !
R

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“whịch seems to foretell the complexion of the 6 work. His words

are, Avail yourself of the moment that offers to indulge in the perusal of this book. Take it, read it, there is notbing to fear. Your Governess is gone out,

and

your

J'appercus avec plaisir que mon hote étoit francois, & que ces jeunes personnes etoient ses trois filles. Constance ne parloit que francois ; son accent seul eut suffit pour me tourner la tête. La danse se prolongea jusqu' á une heure, lorsque M. le maitre de danse prit congé de ses douces eleves avec un ah! ca, Mesdesmoiselles ! au plaisir ! monta à cheval, & partit au petit galop. Me voilá done libre d'entretenir trois belles demoiselles en mauvais francois, & parlant à peu près comme le beau Léandre. L'ainée de ces trois şours étoit une fille faite, dont l'embonpoint donnoit dans la vue, & dont les grands yeux noirs sembloient aller à la petite guerre. Sa figure réunissoit ce que les brunes ont de plus piquants, & les blondes de plus voluptueux. Le bon diner que je fis avec M. Rencontre et ses charmantes filles ! Je m'assis entre Constance & la sœur dont je n'ai pas encore parlé. C'étoit une blonde aux yeux bleus, extrêmement timide, qui rougissoit aux moindres louanges qu'on lui donnoit. Mais ce qui m'interessa davantage fut qu'elle avoit une tournure tout-à-fait francoise.

Qu'on juge du regret avec lequel je quittai la famille de Monsieur Rencontre. Que nos adieux furent touchants ! Les yeux de Constance rencontrerent les miens en partant avec une expression qui redoubla l'agitation de mon cæur.

She gaz'd as I slowly withdrew,
My path I could scarcely discern;
So sweetly she bade me adieu,
I thought that she bade me return!

Qu'on nie l'existence de cette douce sympathie qui agit sur deux persones sensibles, faits l'un pour l'autre, & qui se ren

Mamma is nol yet risen. Do you hesitate? Werter has been under your pillow, and the Monk has lain

on your toilet.

contrent pour la premiëre fois. Ce n'est pas pour de tels lecteurs que je prends la plume.

Revenons à mes occupations. Depuis le jour ou j'arrivai chez M. D- jusqu'au retour du printemps, je passai toujours la soirée & une partie de la matinée soit à lire ou à ecrire devant un bon feu dans ma chambre. Je commencois par quelque livre Latin, comme Horace, Virgile, Ovide; & finissois par les Confessions de l'éloquent Citoyen de Geneve. Un des plus grands ecrivains du dix-huitième siécle fut assurément M. Rousseau. Que ses recits sont touchants quand il parle de ses chères Charmettes, de ses bosquets, de ses ruisseaux. . On est toujours présent à chaque scene dont il fait le tableau. le caractère de Maman est peint d'apres Nature. Il met tout ce qu'il raconte sous les yeux du lecteur. On ne croit plus lire, on croit voir. Le gout que je pris à la lecture des Confessions m'inspira le desir d'écrire en francois ; dont les qualités distinctives sont la clarté & la precision. Je ne sai si j'y ai reussi.

Que ma vie eut été heureuse au sein de cette famille, si j'avois su en jouir. Mais il me restoit encore une humeur un peu volage, un desir de voyager & de parcourir le monde. Enfin degouté de ma vie, & plein des plus beaux projets pour l'avenir, je partis de la Caroline du Sud vivement emu des larmes de mes eleves que je quittois pour toujours.

Coosohatchie adieu ! O demeure tranquille, chambre ou j'ai tant écrit, planchers que j'ai tant arrosés de mes pleurs, je vous salue !

Je vous quitte, calme retraite, ou j'ai vecu loin du tumulte & du bruit. Restez toujours ouverte au voyageur egaré ; recevez-le ; qu'il trouve sous votre toit un abri contre la persecution, & que ce Monument que je vous ai erigé dans une langue etrangere, fasse connoitre à son cæur attendri que vous futes habitée par un infortuné.

“ It was our design at first to have abridged the story of the Work; but the inutility of the “ task overcame our benevolence; for the author “ sacrifices reflection to mirth; and his page, “ however it may be read with interest, will not “ be remembered with advantage.

On the north bank of the Occoquan is a pile of stones, which indicates that an Indian warrior is interred underneath. The Indians from the back settlements, in travelling to the northward, never fail to leave the main road, and visit the grave of their departed hero. If a stone be thrown down, they religiously restore it to the pile; and, sitting round the rude monument, they meditate profoundly; catching, perhaps, a local emotion from the place.

A party of indians, while I was at Occoquan, turned from the common road into the woods, to visit this grave on the bank of the river.

The party was composed of an elderly Chief, twelve

young War Captains, and a couple of Squaws. Of the women, the youngest was an interesting girl of seventeen ; remarkably well shaped, and possessed of a profusion of hair, which in colour was raven black. She appeared such another object as the mind images Pocahontas to have been. The people of Occoquan, with more curiosity than breeding, assembled round the party ; but they appeared to be wholly indifferent to their gaze; the men amused themselves by chopping the ground with their toma

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